Summary
    Les ressources minérales, extraites du sous-sol, sont utiles au quotidien. Silex, étain, cuivre, or ou argile… De tout temps, elles ont été exploitées par les êtres humains afin de confectionner objets et produits nécessaires au développement des civilisations. Le potentiel du sous-sol dépend de sa richesse en substances utiles à une activité humaine. En France, le tungstène, l’or et l’antimoine demeurent les métaux au plus fort potentiel auxquels s’ajoutent entre autres les granulats, et le gypse, l’andalousite, le talc ou la silice pour les minéraux industriels.
    Elbaïte, gemme de la pegmatite de Mount Mica (Maine, Etats-Unis) Elbaïte, gemme de la pegmatite de Mount Mica (Maine, Etats-Unis)

    Une répartition qui ne doit rien au hasard

    A compléter

    Le potentiel du sous-sol d’un territoire dépend de sa richesse en substances utiles pouvant être extraites. Une concentration minérale ou gîte minéral résulte de plusieurs facteurs naturels ayant conduit à un enrichissement en une ou plusieurs substances utiles (métal, minéral, roche). C’est la dynamique de vie de la Terre (géodynamique) qui détermine au cours du temps et dans l’espace la formation d’un gîte minéral, autrement dit la géologie.

    Le potentiel d'un territoire va donc varier du point de vue spatial en fonction du contexte et de l'histoire géologique. Le Massif Armoricain, les Pyrénées et le Massif Central possèdent, grâce à leur géologie, un potentiel minier indéniable, tout comme le bouclier guyanais ou la Nouvelle Calédonie.

    Pegmatites à métaux rares © BRGM - Eric Gloaguen Pegmatites à métaux rares © BRGM - Eric Gloaguen

    Les gisements français ont-ils tous été découverts?

    A compléter

    Fruit d’une longue tradition extractive, la France a fait l’objet d’une importante exploitation minière jusque dans les années 1990 et continue d’exploiter plusieurs milliers de carrières. Bien que subsistent une dizaine de mines actives en métropole (sel, bauxite, calcaires bitumineux, étain-tantale et niobium), il est fréquent d’entendre que le sous-sol français serait désormais épuisé ou sans grand potentiel. La France demeure pourtant encore riche de nombreuses substances attractives sur le plan industriel (minéraux industriels, métaux de base, métaux d’alliage, métaux rares et métaux précieux), avec pour certaines l’existence d’une filière industrielle au niveau national et/ou européen.

    La géologie du sous-sol est relativement bien connue en surface et à très faible profondeur (50 à 100 premiers mètres) à l’échelle de la métropole mais demeure largement méconnue pour les niveaux plus profonds. D’autre part, l’Inventaire Minier national, mené entre 1975 et 1992 en réponse à une situation de crise touchant l’approvisionnement national en matières premières minérales, n’a couvert que les deux-tiers des zones de socle (massifs anciens), zones présentant a priori le plus de potentiel pour la présence de gisements métalliques. En Guyane, la connaissance du sous-sol est relativement bonne le long du domaine côtier et devient très parcellaire pour le reste de la région.

    Avec le développement continu des méthodes d’exploration, les connaissances pourraient être approfondies et conduire à la découverte de nouveaux gisements. En outre, si certains gisements ont été exploités par le passé, ils ne sont pas forcément épuisés. En effet, l’extraction se fait dans un contexte économique et technique propre à une époque. Les critères technico-économiques peuvent ainsi évoluer et conduire à la réévaluation du potentiel d’un gisement connu.

    Carotte de sondage d'exploration - Ity, Côte d'Ivoire © P. Urien Carotte de sondage d'exploration - Ity, Côte d'Ivoire © P. Urien

    Un potentiel en métaux, en roches et minéraux industriels

    En l’état actuel des connaissances, le sous-sol français métropolitain et ultra-marin montre un potentiel avéré pour plusieurs substances minières et de carrières. Tungstène, or, et antimoine sont les substances minières au plus fort potentiel. Gypse, andalousite, diatomite ou talc sont les minéraux industriels présentant un potentiel notable à l’échelle mondiale et/ou européenne.
    Minerai très riche en tungstène (scheelite), Salau Minerai très riche en tungstène (scheelite), Salau

    Minerai très riche en tungstène (scheelite) vu en lumière naturelle et sous UV courts (254 nm), Salau (09)

    © Thomas Poitrenaud

    Les substances minières

    Le tungstène (W)

    Utile à la confection d’outils de coupe, d’aciers rapides et d’inox spéciaux, de superalliages ou encore d’éclairages et de munitions, le tungstène est bien présent dans le sous-sol métropolitain. Plusieurs gîtes sont reconnus dans les régions de socle ancien (Massif Armoricain, Massif Central, Pyrénées) et représentés par :

    •     Skarns à scheelite : amas et lentille sub-concordant (ex. Salau (09), Fumade (81), Coat-An-Noz (22));

    •     Veines à quartz et wolframite : filons et veines recoupant les roches encaissantes (ex. Puy-les-Vignes (87), Échassières (03), Leucamp (15), Montbelleux (35), Enguialès (12)).

    En France, les ressources résiduelles connues en tungstène avoisinent les 81 000 tonnes d’oxyde de tungstène (WO3). Environ 24 700 t WO3 ont été produites en France entre 1886 et 1986.

    Pépite d'or Pépite d'or

    Pépite d'or en provenance du Parc national de Lemmenjoki, en Laponie finlandaise

    © BRGM

    L'or (Au)

    Les gisements et indices d’or du territoire sont situés dans les massifs anciens. Le Massif central regroupe les plus importants tonnages produits, et le Massif armoricain possède un potentiel de découverte important.

    La production d’or en France est extrêmement ancienne, probablement initiée dès le Néolithique (orpaillage). Elle est estimée assez précisément à 185,6 tonnes d’or pour le XXe siècle.

    Les réserves en or des gisements français métropolitains sont estimées à près de 174 tonnes se répartissant principalement entre le Massif central (ex. Le Châtelet-Villerange (23), district de Saint-Yrieix (87)) et le Massif armoricain (Rouez (72), Lopérec (29)).

    La Guyane constitue un territoire au potentiel aurifère élevé lié au bouclier des Guyane et aux ceintures de roches vertes. Découvert début 1854, l’or est officiellement exploité en Guyane dès 1857.

    Minerai d'antimoine (stibine) et or de La Lucette (53) Minerai d'antimoine (stibine) et or de La Lucette (53)

    Stibine et quartz aurifère des mines de La Lucette (53). Taille de l'échantillon : 30 cm x 25 cm x 15 cm

    © P-C Guiollard

    L'Antimoine (Sb)

    Utile à la confection de produits ignifuges, de batteries plomb-acide ou à l’industrie des plastiques, l’antimoine est présent au sein de gîtes dans le socle ancien (Massif armoricain, Massif central, Vosges et Massif des Maures) et dans la partie alpine de la Corse :

    • Gisements syn-orogéniques à tardi-orogéniques, en relation avec des failles et des plis : filons à stibine et berthiérite (ex. La Lucette (53), Brioude-Massiac (15)) ;

    • Filons encaissés dans les roches ultrabasiques et basiques (ex. Ersa (2B)).

    Cubes de fluorine à double coloration Cubes de fluorine à double coloration

    Cubes de fluorine à double coloration, associés à de la calcite dans la carrière de Picampoix (Nièvre).

    © BRGM - Frédéric Lacquement

    Fluorine

    Les dernières mines de fluorine exploitées en France ont été Le Burg et Montroc dans le Tarn, arrêtées en 2006.

    La France dispose d’importantes ressources en fluorine, principalement constituées par les gisements stratiformes du Morvan : Antully (5,3 Mt à 34% CaF2), Pierre-Perthuis, Egreuil et Marigny-sur-Yonne (8 Mt à 33% CaF2), Courcelles-Frémoy (2,5 Mt à 36% CaF2).

    Exploitation de Zn-Ge de Saint-Salvy (1992) Exploitation de Zn-Ge de Saint-Salvy (1992)

    Visite de l'exploitation de sphalérite, mine de zinc, de Saint-Salvy pour remarquer la juxtaposition des différents faciès délimités à la peinture blanche et identifiés par des codes à 2 chiffres. Analyse structurale des fronts de taille, à la veine du toit, dans le chantier 74 W (Tarn, 1992).

    © BRGM - Daniel Cassard

    Plomb-zinc-(germanium) (Pb-Zn-(Ge))

    Les minéralisations plombo-zincifères (et argentifères) françaises sont essentiellement associées aux massifs anciens. En Europe, la France a été un producteur important de plomb et de zinc, avec une production totale estimée à 1,8 Mt métal Pb entre 1800 et 1991, date de fermeture de la mine des Malines et 2,3 Mt métal Zn jusqu’en 1993, date de la fermeture du gisement de Saint-Salvy. Ce dernier gisement est remarquable par sa production de 500 t de germanium, métal critique contenu dans le sulfure de zinc.

    Les ressources actuelles en plomb restent modestes (environ 830 000 t métal). Elles sont plus conséquentes en zinc avec les minéralisations stratiformes des amas sulfurés volcanogéniques paléozoïques du Massif central : Chessy-les-Mines (69) (486 000 t métal à 9% Zn) et du Massif armoricain (bassin de Châteaulin) : Porte-aux-Moines (22) (144 000 t Zn à 7,8% Zn) et Bodennec (29) (61 000 t Zn à 2,9% Zn).

    Saint-Salvy détient les seules réserves connues en France de germanium (300 t). Un potentiel en germanium est envisageable au sein des gîtes plombo-zincifères de la bordure cévenole et du gîte filonien à Pb-Zn de Plélauff en Bretagne.

    Grains de coltan (Crique Vénus, Guyane) Grains de coltan (Crique Vénus, Guyane)

    Concentré de colombo-tantalite, issu de la crique Vénus (Guyane)

    © BRGM - M. Chevillard

    Niobium-tantale-étain (Nb-Ta-Sn)

    La France métropolitaine possède quelques gîtes à niobium-tantale parfois associé à de l’étain. Les deux principaux gisements sont Échassières (03) et Tréguennec (29) avec des ressources potentielles respectives de 5 000 t Nb-Ta pour le premier et 1 600 t Ta, 1 300 t Nb, 5 400 t Sn pour le second.

    En outre, la France a une petite production indirecte d’un concentré à Sn-Ta-Nb à partir du gisement de kaolin d’Échassières, dans l’Allier.

    En Guyane, des placers à colombo-tantalite ont été exploités entre 1969 et 1990, produisant 90 tonnes.

    Molybdénite, Chine Molybdénite, Chine

    Molybdénite, Chine

    © Nicolas Charles, BRGM

    Molybdène (Mo)

    Utile à la confection d’aciers de haute résistance, d’aciers inoxydables, de divers produits chimiques (peintures, lubrifiants) ou encore des écrans LCD, le molybdène présente quelques gîtes minéraux notamment de type « porphyre » à Cu-Mo ou à Mo seul.

    À Beauvain (61), un porphyre à Mo pourrait englober un gisement dont le potentiel a été évalué à 250 Mt à 0,02-0,03% Mo. Soulignons également que des éléments rares sont parfois associés à la molybdénite, comme le rhénium, désormais un métal critique pour l'Europe en raison de son application dans les superalliages notamment. Ceux-ci n'étaient pas recherchés lors des travaux anciens d'exploration minière.

     

    Filon de barytine, carrière de Loiras, Le Bosc (34) Filon de barytine, carrière de Loiras, Le Bosc (34)

    Filon de barytine, carrière de Loiras, Le Bosc (34) - (2006)

    © 2006 Pierre Thomas, planet-terre.ens-lyon.fr 

    Barytine (BaSO4)

    Très utilisée dans les boues de forages, en charge minérale dans les papiers et les plastiques notamment, la barytine a été exploitée en France jusqu’en 2006, notamment à Chaillac (36) dont la mine a produit 3 Mt de barytine de qualité « chimique ».

    Les principales ressources correspondent à des minéralisations stratiformes associées au gîte de type « SEDEX » d’Arrens (65) dont le potentiel est évalué à 3 Mt. Une ressource de l’ordre de 0,9 Mt est également associée à l’amas sulfuré à Zn-Cu de Chessy-les-Mines (69). En outre, les gisements filoniens des Renauds (58) dans le Morvan, et d’Ambierle (42) dans le Forez renferment une ressource estimée à environ 0,5 Mt chacun.

    Carrières de roches et minéraux industriels actives en 2015 Carrières de roches et minéraux industriels actives en 2015

    Carrières de roches et minéraux industriels actives en 2015

    © BRGM, SIM, MTES

    Les substances de carrières

    Principale activité extractive active en France, les substances de carrières sont largement présentes dans le sous-sol national, avec notamment un potentiel d’échelle mondial et/ou européen.

    •   Gypse

    •   Diatomite

    •   Andalousite

    •   Talc

    •   Silice industrielle